L'ordre de Canardville - Chapitre 6

Publié le par Kurisutofu

L’ordre de Canardville : Chapitre 6


Quel effet étrange de tomber sans sentir son corps. C'est comme si je rêvais, je me voyais tomber mais je ne sentais rien. Même lorsque j'atterris sur le sofa, je ne sentis pas l'impact, que m'arrivait-il?

Je pouvais bouger les yeux, la mâchoire, les sourcilles même, mais je ne sentais rien en dessous du cou.

Je tournais mon regard de nouveau vers le cafard, non qu'il m'intéressait particulièrement mais parce qu'il se mit à bouger. J'espérais qu'il ne viendrait pas vers moi, je ne voulais pas qu'il me touche, beurk!

Mes espoirs s'évanouirent alors que le cafard se dirigeait vers moi, lentement, comme s'il prenait son temps. J'en profitais pour le regarder attentivement, chose que, je me rendais compte, n'avais jamais fait lorsqu'il s'agissait d'un cafard. Ils avaient huit pattes et deux antennes, c'est tout ce que je savais et celui-ci ne dérogeait pas à la règle. Mais la chose qui m'intriguait était sa couleur. Il avait des reflets argentés lorsqu'il se déplaçait mais à l'arrêt, il arborait la couleur marron bien connue aux cafards. On aurait dit un peu l'effet que l'on pouvait voir sur certains scarabées.

Je me rappelais aussi que les cafards avait des ailes. Je m'en souvenais car le cafard m'en fit la démonstration en s'envolant et atterrissant sur la table basse se trouvant juste devant le sofa, au niveau de mes jambes allongées sur le coté.

L'insecte s'approcha du bord de la table et effleura ma jambe du bout d'une de ses pattes. On aurait dit le comportement d'un humain testant la dureté de quelque chose, décidément, ce cafard était bien étrange!

Je ne pouvais pas bouger pour le faire fuir mais je ne voulais pas qu'il me touche, c'était dégoûtant! Je sais que j'aurais dut d'abord m'inquiéter de ma paralysie soudaine mais voir le cafard si près de ma jambe m'ôta l'esprit de ce soucis.

Je décidais donc de lui faire peur avec une grosse voix.


« Hé! Me touche pas sale cafard! »


Il ne bougea pas et au lieu de çà, il fit quelque chose qui me surprit, il parla!


«  - C'est moi qui devrait dire çà, sale bipède! »


Un cafard qui parle?! Je devais rêver.


«  - Wahou,je suis vraiment fatigué pour imaginer entendre un cafard parler! Ou de parler seul, ah ah »


«  - Tu rêves pas, mammifère puant! »


Cette fois-ci, le cafard se tourna vers moi lorsqu'il prononça ces mots. Et lorsqu'il se leva sur deux jambes, je fut forcer de croire ce que je voyais, comme saint Thomas.


«  - Mais … Comment? … Tu parles?! »


«  - Pff! Évidemment, tu es surpris. Je ne pouvais pas m'attendre à autre chose d'un être humain. Eh oui, surprise! Vous n'êtes pas les seuls sur cette planète! Bienvenue dans le monde réel, trou du cul ! »


«  - Hey, pas besoin d'être vulgaire comme çà. J'ai quand même le droit d'être surpris, non? Et puis, en ce moment, je suis fatigué donc j'ai peut-être réagit un peu fort mais quand même, reste polis .»


«  - Comme vous voulez votre majesté. Je suis désolé d'avoir offensé votre personne et j'implore votre indulgence de mes huit genoux! »


Eh bien, voilà un cafard bien éduqué! Mais je remarquais qu'il ne se mettait pas à genoux, c'était donc de l'ironie! Un cafard qui faisait de l'ironie!


«  - Si je pouvais bouger, je te filmerais bien, je deviendrais riche en vendant ta vidéo! »


«  - Comme si j'allais me pervertir à m'exhiber devant vous autre les humains! Et puis, comme tu dis, tu ne peux pas bouger, je suis pas si naïf pour te laisser te déplacer comme bon te semble. Vous êtes peut-être des êtres primitif mais vous êtes dangereux au vu de votre taille. »


«  - Comment çà on est des êtres primitifs? De qui tu parles, les Humains?! »


«  - De qui d'autre? »


Son ton ne contenait aucun sous-entendus, il me considérait vraiment comme inférieur à lui!


«  - Les Humain, inférieurs aux cafards? Ah Ah, le premier cafard comique! »


«  - Oh, tu vas moins rire dans quelques instant, crois-moi. »


«  - Ouuuuh, j'ai peur … Le grand méchant cafard va me taper! Tu vas faire quoi? Me donner un coup de poing? Ah Ah, vas-y vas-y, te gênes pas »


L'insecte sauta sur ma jambe et commença à la remonter pour se diriger vers ma tête. Comptait-il vraiment me donner un coup de poing? Ce cafard me faisait tellement rire que j'en oubliais mon dégout pour lui. Qu'il vienne, qu'il me donne le plus fort de ses coups de poing, je ferais peut-être même semblant d'avoir mal pour lui faire plaisir. J'espérais seulement qu'il ne se casserait pas une patte.

Une fois arrivé à hauteur de tête, il se mit à voler devant mon visage.


«  - Pour t'apprendre les bonnes manières, je vais juste te donner une petite claque. »


Il avait l'air totalement sérieux, comme s'il pouvait vraiment me faire mal. Le pauvre, il vivait dans son monde imaginaire.

Je vis sa patte droite, celle du haut, se lever et s'abattre sur ma joue.

Et là je compris.

C'était comme si un marteau venait de rencontrer ma joue. Ma tête pivota et je crus que j'allais me casser une cervicale. C'était incroyable la force dont possédait ce petit insecte! Comment cela pouvait-il être possible?


«  Je peux voir dans tes yeux que tu commences à me prendre au sérieux. Mais ne te méprend pas, je ne fais que commencer, c'était une petite claque de rien du tout. »

« Pourtant, çà t'a déjà fait saigner la bouche, t'es pas très costaud dis moi »


Il avait raison, je sentais le goût caractéristique du sang dans ma bouche. Je contestais ce goût métallique.


«  - Comment est-ce possible? Tu es si petit et pourtant tu as tellement de force! »


«  - Ah ah, surpris? C'est parce que vous les humains ne faites pas assez attention à ce qui vous entoure. Vous auriez put découvrir il y a longtemps la vraie vie de tout les êtres vivant de cette planète. Et vous auriez vu comment nous les cafards étions beaucoup plus évolués que vous. »

«  Pour votre défense cependant, je dois dire que vous auriez eu du mal à découvrir tout cela, nous avons mis beaucoup d'énergie pour vous le cacher, même si entre toi et moi, j'aurais préféré que l'on soit découverts et qu'on entre en guerre contre vous. Connaissant votre goût pour la guerre et la haine de ce que vous ne connaissez pas, je ne doutes pas un instant que c'est ce que vous auriez choisi si vous aviez su. »


«  - Pas forcement. On est plus au moyen-age, on fait plus la guerre pour rien. On aurait essayer de s'entendre peut-être »


Moi même je ne me croyais pas.


«  - Qu'importe, tu ne le sauras jamais. Aujourd'hui est ton dernier jour, tu peux faire tes prières »


«  - Comment çà?! Pourquoi serait-ce mon dernier jour?! »


«  - Eh bien, tu n'es pas le plus malin du troupeau toi … parce que je vais te tuer tiens! Et lentement en plus de çà »


L'insecte était si près de mon visage que je pouvais voir le sien. En énonçant sa menace, je put le voir sourire. Un sourire cruel qui ne laissait aucun équivoque, il allait apprécier de me voir souffrir. Qu'avais-je fais pour mériter tout cela? Je n'étais personne, pourquoi moi? Pourquoi pas mon voisin?!


«  - Pourquoi m'en veux-tu autant? Parce que je t'ai traité de sale cafard? Si c'est la cas, je m'en excuse! »


«  - Ne fais pas l'innocent. Tu sais très bien pourquoi je suis là. Tu sais qui m'a envoyé pour te tuer! C'est d'ailleurs ce que j'aimerais comprendre à mon tour, qui es-tu? Pourquoi s'est-on offert les services du C.E.A.C pour se débarrasser de toi? »


«  - J'en sais rien … Je n'ai rien fait, et je ne sais même pas c'est quoi le C.E.A.C! »


«  - Ne me mens pas! »


Le cafard sembla prendre quelque chose dans son dos, sous ses ailes battantes. Il sortit un petit objet que je ne pouvais pas bien discerner et l'approcha de ma joue. Lorsqu'il toucha la peau, je sentis une énorme douleur, tellement forte que je ne voyais qu'un voile blanc devant mes yeux. Je résistais à l'envie de crier mais c'en était plus difficile à chaque seconde. Après ce qu'il semblait être une éternité, le cafard retira l'objet et la douleur s'estompa instantanément.

 

«  - Bravo, tu n'as pas fait un bruit. Tu as pourtant duré quinze secondes. Tu es le premier humain qui ne crie pas tout de suite. La dernière personne s'était même évanouie après six secondes. Je te félicite. »


Il commençait à m'énerver ce petit insecte. J'étais à bout de souffle et je pouvais sentir que je transpirer. Mon visage devait être ruisselant de sueur mais je ne pouvais pas l'éponger.


«  - Tu as de la chance que je ne peux pas bouger! »


«  - De la chance? Ne me fais pas rire. T'as toujours pas compris que c'est moi qui t'es paralysé? J'ai utilisé des flèches paralysante, enfin, ce sont plutôt des flèches anesthésiante mais le résultat est le même, n'est-ce pas? »

«  Bien sur, je serais venu à mes fins même en te laissant bouger, ne te méprends pas. C'est juste que je voulais prendre mon temps »


«  - Mais puisque je te dis que je sais pas de quoi tu parles! »


«  - Oui, ils disent tous çà … Et comment tu t'expliques pour Riche!? »


«  - Quoi? »


«  - Riche, mon fils! Celui que tu as tué juste avant de rentrer! »


Oh, lui.

Alors c'était son fils? Il s'agissait donc d'une vengeance! Cette réalisation n'aidait pas à mon problème, elle ajoutait juste un goût amer car je n'avais pas fait exprès de tuer ce cafard. C'est lui qui s'était jeté sur moi en premier lieu.


«  Tu es bien pensif tout à coup. Je pense que tu vois de qui je parle désormais. »


«  - Oui mais attends c'est pas ... »


Il ne me laissa pas finir ma phrase. Il m'envoya une autre douleur infernale, cette fois-ci sous la tête, au commencement du cou.

Je ne sais pas si c'était parce que je ne le voyais pas, et donc l'effet de suspense, ou bien parce que le cou était plus sensible que la joue, mais la douleur avait l'air d'être plus forte que la précédente. Ce n'était plus un voile blanc que je voyais, mais un mur blanc. Je ne voyais que cela, mon monde était rempli de blanc. De douleur et de blanc.

Cette fois-ci, je ne put retenir mes cris.


«  - Oh quel son jouissif »


J'entendais le cafard en dessous de ma mâchoire se régaler du spectacle dont il était le metteur en scène.

La douleur s'arrêta soudainement comme la première fois et le cafard m'apparaissait désormais en train de voler devant moi.

Je le vis partir vers la chambre et entrer dans le placard par la petite fissure entre la porte restée entre-ouverte et le battant.

Quelques secondes plus tard, je le vis revenir avec un sac dans ses mains.


«  Je sens que je vais bien m'amuser. En plus aujourd'hui, tes voisins ne sont pas là donc je vais vraiment pouvoir prendre mon temps »


J'aurais donc dut sauter par la fenêtre. Je savais bien qu'il fallait toujours écouter son instinct! Ils le répétaient assez souvent dans les films!

L'insecte sortit de son sac un gros objet cylindrique, avec une sorte d'objet rotatif a son bout. Le tout ressemblait un peu à une scie circulaire montée sur un bazooka. Je me demandais quelle machine c'était, et au vu de la taille de l'objet, j'imaginais que la douleur allait être d'un tout autre niveau.

Le cafard semblait occupé avec une sorte de cadran sur la machine et dans la seconde suivante, un bourdonnement se fit entendre et je vis la scie circulaire tourner de plus en plus vite. Autour des dents, je pouvais voir comme un rayonnement émaner de l'appareil. Mais quel genre de technologie pouvait bien avoir les cafards!?


«  - Attends! J'ai pas fait exprès de tuer ton fils! C'est lui qui s'est jeté sur moi! »


Le cafard ne semblait pas écouter ce que je disais et je pouvais le voir prendre son envol avec ses huit pattes tenant la machine. Elle devait être lourde pour lui demander d'utiliser ses huit pattes.


« Mais attends! Je pense qu'on peut trouver un terrain d'entente! »


Je criais désormais, alors qu'il se rapprochait lentement.

La partie rotative de la machine était désormais à quelques centimètres de mon nez, peut-être une dizaine.

L'insecte s'approchait lentement, souriant. Cinq centimètre.

Je pouvais sentir le souffle généré par la rotation de l'appareil. Quatre centimètres.

Je sentais les vibrassions de l'air sur mon nez. Trois centimètres.

J'essayais de me préparer à endurer la douleur. Deux centimètres.

Il allait me couper le nez en deux par le milieu! Un centimètre!

Au moment où l'objet allait toucher mon nez, je vis un flash blanc et au lieu de ressentir une douleur, j'entendais plutôt un bruit. Le bruit de la machine tombant sur le sol.

Je tournais les yeux et vit que le cafard était tombé non loin de la machine et s'était déjà relevé, dans une posture de combat bien similaire à celle d'un humain. Sa posture était dut à ce qui se trouvait devant lui.

Un chat blanc se tenait entre le cafard et moi.



Commenter cet article

Nelly 19/10/2009 16:28


wouh ! trop bien ! vas-y le chat ! fait lui la peau à ce sale cafard !! >-